Hier, Christian Lanta et Nicolas Hallinger, s'il n'avaient pas été séparés par une heure d'autoroute, auraient presque pu boire un café ensemble et se taper la bise. Tous les deux se disent plus ou moins fans de l'équipe de l'autre, c'est toujours pratique avant de s'affronter. Quant aux supposées faiblesses, elles ont vite été relativisées. Par exemple, le SUA, certes leader de Pro D2, se déplacera aujourd'hui très diminué en deuxième et troisième lignes suite aux absences de Fonua et Fono (partis en sélection) et aux blessures de Lassalle, Lagrange et O'Sullivan.
Par conséquent, le flanker Jérôme Mondoulet (20 ans) sera titulaire pour la première fois alors que le Tahitien Anania, même âge, connaîtra le bonheur de figurer sur la feuille d'un match professionnel. « Oui, mais justement, ils vont vouloir prouver quelque chose, réagit le manager de l'US Columérine. Leur manque de cohésion sera vite compensé par leur détermination. » A l'entendre, Nicolas Hallinger semble presque tristounet d'éviter les charges des déménageurs tongiens Fonua et Fono. Tellement qu'il en rajoute : « Avec Agen, on ne boxe pas dans la même catégorie. »
Mais qui est le monstre ?
Statistiquement, ce n'est pas une évidence, et Lanta l'a évidemment remarqué pour mettre en garde ses joueurs et l'opinion publique : « Colomiers est invaincu à la maison, y a battu notamment La Rochelle et Dax et a fait match nul face au monstre de la Pro D2, le LOU. » Soit écrit en passant, le monstre de la Pro D2 pointe à cinq longueurs du SUA. Il y a donc mathématiquement plus monstrueux que le monstre. Bref. L'USC a concédé un autre match nul à la maison, bien moins glorieux, face aux modestes Aixois. « Oui, mais c'est ce qui a provoqué la crise et le changement », explique Lanta, qui retombe toujours sur ses pattes.
Hallinger est arrivé il y a trois semaines de Lavaur (Féd. 1) pour remplacer le duo Pujo - de Giusti et pense satisfaire ses joueurs. « Ils voulaient plus de communication, un coach plus proche d'eux, et je crois que je corresponds à ça. J'aime mes joueurs et j'aime communiquer. Mais pour en revenir au match, Agen, c'est un cran au-dessus. Rivaliser avec eux, on ne l'imagine même pas. » Pour un novice dans le rugby pro, il a vite pris goût à la langue de bois.